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08.11.2007
L'énergie électrique en Bretagne( suite...) Novembre
L’énergie électrique en Bretagne ( suite…)
Après avoir dit que je n’étais pas favorable à la construction d’une sixième turbine à combustion en Bretagne et surtout sur d’un troisième site de production d’électricité de pointe au nord de la région ( St Brieuc). Après avoir souhaité le bouclage des deux lignes 400kVde transport de l’électricité alimentant la région (celle du nord s’arrêtant vers St Brieuc, celle du sud s’arrêtant à Landerneau), après avoir expliqué les choix économiques d’EDF dans l’abandon de la production thermique modulable dans la péninsule bretonne. Je vais essayer de montrer que les arguments d’EDF vis-à-vis de la production électrique en Bretagne ont varié selon ses choix du développement de sa production nationale d’électricité. Que seul l’intérêt national du système électrique et le centralisme des décisions ont prévalu !
* En 1946, au moment de la nationalisation des secteurs énergétique, une politique est définie par le commissariat au plan. L’élément décisif est le constat de l’énormité des besoins reconstruction du pays et la croissance économique l’exigent.
La situation électrique dans le secteur de l’Ouest de la France, c’est-à-dire 18 départements : de Caen, Rochefort en passant par Tours, est particulièrement désastreuse. Sur 20 centrales, trois sont détruites, beaucoup sont vétustes la plus jeune à 23 ans . Dans l’instant urgent, on sauve un groupe retiré des décombre à Lorient, des réparations de fortune sont menées, Caen se voit attribuer un groupe récupéré en Allemagne comme dommage de guerre, et une centrale souterraine de 40 Mw est construite à Brest avec l’aide de la Marine Nationale .
La véritable solution pour EDF est de construire du neuf. L’hydraulique est privilégié. Dans le thermique le premier choix consiste à établir une centrale thermique dans cet Ouest, afin de jouer sur les économies des pertes occasionnées par transport du courant produit dans les Alpes. Dans la même optique d’économie sur le transport de l’électricité, EDF recherche le lieu de plus grande consommation. Nantes est le lieu géographique où se concentrent les plus gros consommateurs dont Saint-Nazaire et la Loire assure le transport du combustible primaire (Charbon,Fioul) ainsi que le refroidissement pour la détente de la vapeur produite. Le site de l’île de Cheviré est choisi ! Il deviendra le plus important centre producteur d’électricité de France en 1970.
Mais administrativement la Loire-Atlantique n’est plus en Bretagne, les autres centrales de l’Ouest, vétustes, sont fermées ; seule résistera celle de Brest pour une question de défense nationale, argument tenu par la Marine. On y implantera même deux diesels qui partiront sur la Corse tellement ils étaient peu adaptés à l’exploitation du système électrique national.
De 1946 à 1978, EDF est réticente à toute construction de centrale thermique à la pointe bretonne. Ma demande, au CMP-Ouest (sorte de comité d’entreprise EDF) en 1973, au moment où Brest envisage la construction d’une raffinerie de pétrole, reçoit la réponse suivante :
« C’est plus économique de construire une centrale
de 4 machines dans la région de Nantes (Cordemais en Loire Atlantique), d’importer de ce lieu l’énergie consommée par les quatre départements bretons, c’est-à-dire la valeur de la production d’une seule machine, que faire une telle réalisation à Brest et d’exporter vers le centre de la France la valeur de la production de trois de ces machines »
Je n’ai jamais pu apporter de contradictions à ce fait économique basé sur les pertes en ligne. C’est EDF qui me les a apportés.
En 1979, lorsque le plan Mesmer décida de prévoir la construction de 60 réacteurs nucléaires sur les 10 ans à venir, il fallu prévoir des sites de construction de ces centrales. Le refroidissement de 4 machines de 1200MW ne pouvait plus se faire par le débit de fleuves français, seule la mer pouvait être utilisée. Après leur situation la plus proche des centres de consommation ( ), la Bretagne avait suffisamment de côtes pour se voir proposer cinq sites envisageables : Plogoff, ayant la faveur de l’EDF, de l’administration et de beaucoup d’élus…
Les arguments d’EDF pour établir une telle centrale changèrent donc ! « Les Bretons produisent que 10% de leurs besoins en électricité » titrait la presse, informée par les responsables–experts de l’Administration et d’EDF. On proclamait que sa consommation d’électricité croissait plus vite que la moyenne française : de 8% alors que la croissance nationale était de 7%. Sans construction de la centrale nucléaire de Plogoff, EDF ne pourrait plus garantir la sécurité d’alimentation de la Bretagne.
Que de « bluf » dans l’orientation de l’information.
En 1981, le projet Plogoff fut abandonné et la Bretagne, difficilement peut être, fut depuis constamment alimentée en électicité. Si la Bretagne ne produit que 10 % de sa consommation c’est dû à la non reconnaissance de ce qu’est la Bretagne historique avec l’intégration de Nantes ! De l’utilisation pendant longtemps de la logique économique du « système électrique » peu favorable aux péninsules. L’utilisation de la croissance de la consommation en pourcentage des bretons. Il est plus facile d’ avoir un taux de croissance élevé sur un chiffre bas – celui de la consommation d’ électricité moyenne par habitant en Bretagne sans industrie – que sur celui d’autres régions du pays en régression économique. Le chauffage électrique en Bretagne a eu un développement important lorsqu’ EDF et le pouvoir politique prônaient le « Tout électrique et le Tout nucléaire » aujourd’hui passé pour la première partie à la trappe des économie d’énergie.
François Larzul
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