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07.01.2008

Remue méninges

Remue méninges : Janvier 2008

Bonne année !... Energie électrique : Prêts au débat

Dans mon blog en décembre 2007, je relatais comment la demande d’électricité évoluait dans la journée et que l’électricité n’étant pas stockable, il fallait que la production suive cette demande.

J’ai eu « la chance » d’avoir ouvert ce blog, dont le but est de tenter d’éveiller: les politiques , les formateurs et en fait les citoyens au fonctionnement particulier de la couverture des besoins en énergie électrique, juste avant qu’un communiqué de presse de la RTE , encore filiale d’EDF, responsable de l’ équilibre consommation- production vienne attirer l’attention de tous les citoyens par l’intermédiaire des journalistes que nous venions de passer, le 17 décembre 07, à 19 heures, un pic de consommation d’électricité, jamais atteint en France, appelant une puissance électrique instantanée de 88 960 MW.

Le communiqué de la RTE nous indiquait aussi que ce jour du 17 décembre, nous avons du faire appel à un surplus de puissance venant de extérieur du pays de 1600MW ( soit la valeur d’ une tranche , ¼ des réacteurs installés sur un site nucléaire type). A la fin des trente glorieuses, la crise économique, le programme nucléaire « Messmer », l’application mécanique de la politique du doublement tous les 10 ans de la consommation française d’électricité, faisaient de notre pays un exportateur d’électricité pour 10% de nos moyens de production de 10% – Nous bradions même nos Kw/heures – L’Italie achetait ces KW/heures bradés au lieu d’investir – Aujourd’hui, nous sommes acheteur d’électricité,et l’Italie a des difficultés d’alimentation. Comment va-t-on trouver ailleurs cette denrée aujourd’hui si coûteuse qu’est l’énergie ?....Notre parc de centrales vieillit !...

On remarquera que ce communiqué de presse annonçant une pointe de consommation jamais atteinte advient malgré toutes les recommandations de consommer moins d’énergie. La planète étant en danger rien ne change dans nos habitudes! Les recommandations ont peu d’effets, même reprises par tout ce qu’il y a de plus officiel comme les organismes publics – et le ralliement des entreprises au problème et par l’organisation d’un « grenelle de l’écologie », le film de M. Al Gore.

Peut-être que trop de ces recommandations ont l’apparence de la publicité, et surtout, sont en contradiction avec la « philosophie » de la société de consommation qu’on nous propose et l’individualisme patent. Hier EDF prônait le « tout électrique », aujourd’hui « le ciel bleu » mais le nucléaire fait toujours parti de sa stratégie. Total pollueur de nos côtes , à sa minute polaire avec un écologiste, mais prospecte toujours ce continent arctique à la recherche de gaz ou du pétrole.
Par contre les économies individuelles et collectives sont-elles valorisées ? Les économies par l’incitation à la réduction de consommations n’ont pas l’air de marcher !...Les contraintes par la loi, risqueront de toucher, comme la TVA, le plus grand nombre ; mais pas les plus pollueurs, ni les toujours « gagnants-gagnants » des systèmes financiers.

Le débat sur notre politique énergétique, a été peu abordé lors du « Grenelle de l’Ecologie ». Il devient urgent . J’avais tenté, au moment des élections régionales de l’initier auprès de RBO. J’avais peu aimablement été renvoyé à mon foyer! Sous cette urgence qui se présentera bientôt comme extrême, j’ai peur qu’il n’y ait plus la place au débat , que les décisions soient, comme lors du plan dit « Mesmer » imposés comme des évidences.

Le baril de fioul à 100 dollars. Le CO2 , coûteux par les taxes, et sa politique d’ échanges de quotas refusés à juste titre par les pays en développement , rejetée par les Etats-Unis, seront employés dans l’émotionnel et non dans le raisonné ! « le nucléaire ou le déclin ! »

L’avenir !... Le débat !...

Le recours aux nouvelles énergies renouvelables est encore au niveau de la recherche – développement :

L’énergie hydraulique la première exploitée n’offrirait plus de site économiquement exploitable ? Pourtant, il y a sûrement des sites de petites chutes d’eau ou petits débits, qui aux vues du prix des énergies fossiles, deviendront rentables et nécessaires. La mer et les rias ont de forts potentiels d’énergie aller-retour de flux.

L’énergie éolienne, qui devait couvrir 10% de la consommation selon les recommandations européennes, est loin d’atteindre ce niveau (1%), elle ne répond pas, par sa production aléatoire et peu constante (30% du temps), aux problèmes les plus cruciaux du fonctionnement de ce système électrique lié à la demande des consommateurs. Doit-elle être utilisée sans stockage? et passer nécessairement par une production d’électricité qui affaiblit la rentabilité. Elle peut servir surtout dans de petits réseaux ?

La courbe de consommation ne peut-elle pas être lissée? Elle est le reflet de notre consommation et des incitations que nous recevons.

La pointe d’hiver dépend de la température bien sûr, mais du type de chauffage promu dans les habitations, dans l’agroalimentaire et autres industries à cuisson des produits fabriqués, mais aussi d’un l’éclairage qui se développe partout avec des contrats avantageux pour les communes.
La pointe d’été, avec les « canicules »successives à comme origine les installations de climatisation mal adaptées.

Il y a beaucoup d’idées à mettre au centre du débat sur les énergies, de nombreuses associations en sont porteuses, des stratégies se préparent au seing des entreprises.
Mais la préparation de ce débat nécessite la compréhension du système électrique :
 avec des productions de bases les plus renouvelables possibles,
 des moyens de productions modulables dont pour l’instant des combustibles fossiles : charbon, pétrole, gaz, tourbe, etc,…
 et des moyens de pointes dont les barrages de hautes montagnes, des turbines à air pré compressé ou de cogénération, les transferts d’énergie par pompage…et le retrait de consommation !...

L’ Europe de l’énergie, sans débat public, se développe ; avec au-delà, le Maghreb . Les échanges entre pays ont lieu. Il y a une chose qui me désole ce ne sont plus des décisions politiques qui feront le juste prix de cette énergie, mais le marché, les contrats particuliers et donc l’intérêt des investisseurs.

françois Larzul.